lundi 21 septembre 2009

Reportage de Margaux, Noé, Léa et Nell


Margaux, Noé, Léa, Nell
:

Depuis quelques années, le dimanche matin, notre papy-vélo fait la course avec ses copains du club d'Ottignies. Nous suivons avec attention toutes ses sorties car elles nous procurent quelques beaux moments.

A 61 ans, notre papy se prend toujours pour le dernier des flahuttes.
L'année dernière, dans la fin du mois d'octobre, il a pourtant failli faire sa dernière randonnée. En effet, une voiture l'a tamponné violemment et il s'en est sorti avec des cervicales brisées.
Après deux mois de soins actifs, il est remonté sur la selle ;

il est incorrigible ce papy !!!.

Comme Brik Schotte

http://www.memoire-du-cyclisme.net/palmares/schotte_alberic.php

il est "teigneux" quand il tient son guidon et ce n'est pas Eddy Merckx en personne qui pourrait le faire trembler.

Au fil des mois de revalidation il s'est entraîné sans relâche et sans perdre patience.
Il faut dire que lorsqu'il était scout, notre papy-vélo avait reçu le totem de "fuine coriace " . Vous voyez ???

Depuis trois semaines, quand nous l'accompagnons dans ses entraînements, il nous fait suer des grosses gouttes; même que nos parents nous posent des questions.

Vous croyez qu'il n'est pas un peu ?????? votre papy-vélo.
Nous, il nous plait comme il est notre papy ; et si son plaisir est là, dans l'effort, que grand bien lui fasse !

Jeudi dernier avec son ami Albert, on s'est vraiment demandé ce qui lui prenait ; dans toutes les côtes, il se dressait sur les pédales pour arriver au-dessus.
Nous, on se regardait, et on se disait qu'il allait casser son beau vélo ....
Pourtant, nous sommes rentrés et le vélo était toujours entier.
On était fatigué pour lui.... et Albert était content de s'asseoir au calme.

Mais qu'est-ce qu'il mijotait notre papy-vélo ?

En fait, comme on le voulait tous les quatre, exceptionnellement, il nous a invité à faire partie de la course ce dimanche-ci (20 septembre 2009). Nous pouvions tous les quatre monter dans la voiture du directeur de course et assister de très près aux péripéties de notre papy sur son vélo.
Qu'est ce qu'on était fiers et contents !

Margaux :

Comme je suis l'aînée de ses petits-enfants, j'ai choisi la plus belle place dans la voiture décapotable ; celle du convoyeur - au premier rang des spectateurs et même que je disposerai d'un micro...

Noé :

Moi, j'ai préféré me mettre à l'arrière, à côté de Nell ma sœur et de ma cousine Léa.
Je suis vraiment ravi de pouvoir suivre la course de mon papy !
Entre nous, je vais vous dire qu'il va sûrement gagner ; il est si fort ....



Margaux, Noé, Léa, Nell :

Nous voici à la gare d'Ottignies, il est à peine 0830 heures ce 20 septembre 2009. le fond de l'air est frais comme dit Dutronc ; il y a 14° .
Les concurrents arrivent comme des abeilles vers la ruche.
Le capitaine Albert Derue compte ses troupes.
Les conversations vont bon train; Tiens voici Georges qui a reçu une wild card.
Et puis, nous entendons les "tamalous" qui se plaignent d'un bobo ou d'un autre...

Nous on rigole, bien camouflés dans la voiture du directeur de course.

Papy salue les forces en présence.
Papy n'a ni chaud ni froid et n'a mal nul part. Il est vraiment costaud !!!!!

Le capitaine valeureux siffle le départ d'une des dernières classiques de fin de saison . Le parcours a été dessiné pour les "baroudeurs".
Nous sommes debout dans le cabriolet ; nous avons l'œil rivé sur papy qui ne quitte pas les premiers rangs.

A Céroux, le capitaine lâche les troupes qui s'engagent pour un premier sprint jusqu'à l'église de Maransart. Papy s'est placé au troisième rang d'un petit groupe d'une dizaine de coureurs. Il suit le rythme assez soutenu de l'échappée qui arrive dans la côte finale de l'église. Alain se montre le plus véloce et papy termine à la septième place. Bravo papy !

A Lasnes, le capitaine siffle à nouveau; immédiatement papy se dresse sur les pédales. Il part comme une fusée ; cinq coureurs viennent le rejoindre pour participer au second sprint situé au sommet de la Manteline à Genval.
Papy connaît ce petit mur qui débouche sur la place; il sait que la pente y est raide; papy nous a dit qu'il était le régional de l'étape ??? nous on ne sait pas ce que cela veux dire !!!!!! mais si papy l'a dit c'est qu'il l'est??????
Les hommes qui l'accompagnent sont des costauds.

De la voiture, nous entendons que papy guide la tête du petit groupe pour arriver au bon endroit. Il terminera le sprint à la quatrième place sans mettre toute la gomme. Bravo papy !

Le peloton se rassemble pour rouler cool vers le lac de Genval où le départ d'un nouveau sprint sera donné. Qu'il est beau le lac ! On a même vu des canards !

Nous, on n'attend que cela pour voir si papy va gagner.

Nell :

Je commence à me plaire dans cette voiture !


Margaux, Noé, Léa, Nell :

C'est parti; papy vire en tête pour attaquer la grande côte comme il faisait à l'entraînement. Il est debout sur les pédales.
Au sommet, Luc l'a dépassé comme un boulet de canon mais ce coureur ne connaît pas la route, il tourne comme une guêpe autour du rond point.

Qu'est ce qu'on a ri dans la voiture !!!!

Par contre, Alain L. et quatre autres coureurs ont rejoint papy.
Le sprint à Maleize sera remporté par Alain. Papy terminera troisième sans forcer. Encore bravo papy !

Dans la voiture du directeur, on est bien mis pour voir tout ; la course est passionnante.

C'est reparti, Albert recompte ses troupes. Pas de crevaison, pas de perdu....
Car on nous a raconté que parfois des coureurs se perdent ... Sûrement qu'ils doivent pleurer après leur maman , ceux-là.

Nous voici dans la descente vers Hoeilaart. De la voiture nous entendons quelques réflexions " tu vas voir, il va nous faire monter toutes les côtes du coin".

Aussi vite, le quatrième sprint est annoncé ; au départ de la route d'Overijse, les coureurs devront remonter au panorama sur Jesusijk. Le début de la côte affiche 15 % ; il faut de "bons papiers" pour franchir ce nouvel obstacle.

Papy semble déchaîné. Il gravit la côte sans problème et se retrouve en seconde position. Nous avons vu qu'il grimaçait sur le sommet ; mais immédiatement au-dessus, il engrange le grand plateau et tente de rentrer sur le maillot bleu qui lui a pris une trentaine de mètres. Peine perdue !
A cent mètres de la ligne il est rejoint par deux coureurs qui le dépassent. Nous avons bien vu que cela ne plaisait pas à notre papy. Il s'est mis "en danseuse" et a redoublé les deux gaillards pour s'emparer de la seconde place du sprint; Bravo papy !

A cet endroit, nous avons entendu papy qui félicitait le premier arrivé.

Léa : qu'il est fort mon papy !

Maintenant, on se dirige vers Tervuren. Le peloton franchit quelques pavés de la place et se retrouve sur le bord des étangs. Quel bel endroit !

D'un seul coup, tous les coureurs s'arrêtent dans la forêt. C'est la pause "pipi".

Nous avons encore rigolé de les voir tous faire pipi sur le tronc des arbres et en plus, papy qui a dit
"faites attention à vos glands car les écureuils sont de sortie " et un autre d'ajouter "si nous repassons ici dans quinze jours, vous verrez, les arbres seront morts " . Nous, on a compris, et vous ?

Le peloton se remet en route vers Leuven. Depuis les étangs, nous avons même vu le grand musée de l'Afrique créé par un ancien de nos rois qui portait une grande barbe comme Saint-Nicolas.
Pas le temps pour les coureurs de visiter, un kilomètre plus loin, à nouveau le sifflet d'Albert retentit aux oreilles des concurrents. Le sprint se terminera à l'église de Neerijse.


C'est François qui sonne la charge avec Philippe et Roland. Papy suit la manœuvre.
Le jeune coureur en tenue bleue qui avait pris la première place au panorama vient d'énerver un peu papy.
Nous avons bien vu qu'il venait en tête du groupe, puis s'est mis devant papy et ensuite a laissé un trou dans la file et s'est écarté pour provoquer une cassure que papy a dû immédiatement boucher.

A Terlaan, au pied de la montée papy prend la tête pour diriger le groupe ; de suite relayé par "le Rob" - la montée est faite en douceur. Sur le plateau, l'allure s'accélère. Papy reste dans le troisième rang; il semble contrôler la tête du groupe qui ne connaît pas très bien la ligne du sprint. Dans le début de la descente papy prend la tête et termine premier sans effort apparent. Bravo papy !

Le reste du peloton arrive par petits groupes. Pas d'accident, pas d'incident, on repart vers Grez Doiceau. C'est déjà le départ pour un nouveau sprint jusqu'à la gare de Pecrot.

Encore une fois, papy se positionne dans les quatre premiers du groupe d'échappés.
Luc et Alain M. prennent à leur compte la côte principale dans laquelle papy semble piocher. Il s'accroche malgré tout et parvient sur le faux plat à passer en tête pour entamer le début de la descente. Papy terminera troisième au passage à niveau où le groupe est reconstitué.
Bravo papy !

Nous, dans la voiture, on est si bien ! Je crois que lorsque papy avait quelques difficultés, il nous a regardé pour reprendre des forces ....

Maintenant , le peloton se dirige vers Grez.
Ici, les coursiers se repèrent un peu mieux; ................. ils se rapprochent du final.

Le directeur nous avertit que la course sera réellement lancée à Chaumont. La banderole d'arrivée est plantée rue de la Croix devant le café Régi à Ottignies.
Ce dernier sprint, qui donnera les places du podium, passe par Vieux-Sart où la montée fait souvent la différence. Tous les participants le savent et se concentrent pour franchir cette difficulté de bonne façon. Parfois dans cette côte des défaillances cruelles surgissent comme si la sorcière aux dents vertes sortait du sous-bois juste après le passage du pont.

Vous l'avez déjà vue, la sorcière ??? Nous pas .....papy nous a dit que son prénom était Yne et son nom de famille Hallo !!! C'est bizarre comme nom, vous ne trouvez pas ?

Le carrefour de Chaumont franchit, pas besoin de sifflet; tout le monde connaît.
Noël l'homme aux multiples vélos invite papy à suivre sa roue. C'est le départ. Un petit groupe sort du peloton et rejoint papy et Noël. C'est François qui donne la cadence; il est dépassé dans le début du raidillon par Alain L. - Alain M. et Luc. Papy reste dans le sillage de François qui n'a pas pu accrocher les trois TGV. Papy perd un mètre mais revient dans la descente où François lui signale un ennui de vitesse. Au pied de la seconde côte papy rejoint le trio de tête mais au milieu de cette montée, il est légèrement distancé. Il finit par s'accrocher sur le plat et revenir dans la descente. Au pied de Vieux-Sart, l'échappée forte de sept unités est emmenée par Alain L. qui ne ménage pas ses efforts.
Papy est en queue de groupe. Nous pouvons voir qu'il a gardé son 50x19.
François place un démarrage dans le début de la montée. Le groupe suit sans accélérer brusquement.

Nous, dans la voiture, on ne voit que papy; il s'accroche avec courage et ténacité.

Dès que François est rejoint, Luc attaque si sèchement que personne ne peut réagir. Papy est isolé lorsqu'il dépasse François et ensuite la casaque bleue qui semble avoir été happé par la sorcière à l'endroit crucial.

Au pied du dernier palier, papy a rejoint Alain M. et ??? alors que Alain L. se trouve 10 mètres devant ce duo . Luc vient de passer le sommet.

Au GPM de Vieux-Sart, papy se dresse sur les pédales et dépasse le duo pour venir dans la roue d'Alain L. qui poursuit sa route en invitant Luc à le suivre. Celui-ci s'était arrêté au-dessus de la côte.

Léa : vas-y papy, vas-y papy!

Margaux, Noé, Léa, Nell :

Papy est collé au boyau arrière d'Alain L. qui ne se retourne pas.
On a même cru que papy avait attaché sa roue à celle d'Alain.
A la flamme rouge papy se retourne et constate que trois coureurs sont derrière mais ne peuvent rentrer.
Passé le pont du dernier faux-plat, il déborde Alain en lui disant que personne ne revient sur eux.
Papy reste quelques dizaines de mètres en tête puis il doit contourner deux voitures qui entravent le passage dans les plots de balisage.
Il entame les deux cents derniers mètres en tête cependant Alain le dépasse sans accélérer.
A ce moment , de la voiture, on entend papy " tu as le maillot jaune,.... moi je prends la victoire" - au même instant, papy accélère et franchit la ligne d'arrivée en première position.

Bravo papy-vélo !

Une quinzaine de secondes plus tard le podium sera complété par l'arrivée de Luc

Félicitations papy et merci de nous avoir fait vivre ces moments magiques !

Tes petits-enfants Margaux, Noé, Léa et Nell


Ci-après, une vidéo construite par papy après un entraînement